Découvrez comment bien isoler vos combles …

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Un isolant thermique peut se dégrader !

Une couverture en tuiles n’est pas totalement étanche à la pluie et à la neige. Cependant, lors d’un aménagement des combles, il arrive fréquemment que l’isolation thermique soit posée en toiture directement sous chevrons sans que la problématique du pare-pluie n’ait été traitée.
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Si, jusqu’alors, la pluie pouvait traverser la couverture et venir ‘mouiller’ les combles non-utilisés, cela ne portait guère préjudice à la charpente naturellement ventilée. Le raisonnement ne peut plus être le même dès que vous décidez d’aménager ces combles. Cette eau peut venir humidifier l’isolant.
Or, non seulement l’eau est préjudiciable pour le matériau lui-même mais, de surcroît, elle nuit considérablement à sa capacité d’isolation thermique. C’est pour cela que la pose d’un pare-pluie est absolument nécessaire afin de protéger l’isolation rapportée.

Une seule et unique solution: la sous-toiture

Malheureusement, certains posent encore l’isolant directement sous les tuiles sans autre forme de procès.
La seule alternative technique consiste à placer un élément pare-pluie par-dessus les pièces de charpente. Dans la grande majeure partie des cas, ceci oblige à détuiler l’ensemble de la toiture.
Au regard de son coût (intervention extérieure, échafaudage, …), cette prestation n’est que très rarement comprise par les maîtres d’ouvrage qui préfèrent souvent se retourner vers l’artisan qui ne la propose pas. D’autant que, d’un point de vue juridique, la pose d’un pare-pluie n’est qu’une recommandation, et non une obligation.

Agir avec rigueur et professionalisme

Il ne faut jamais faire l’impasse sur le diagnostic de l’état existant. Ce dernier permet de connaître la composition et l’état de conservation de la charpente (étanchéité, dégradations, présence d’insectes, défauts, …) et de vérifier la capacité de la structure à accepter telle ou telle surcharge.
Isolant-Toiture

Quelle isolation?

Le choix de la solution d’isolation peut alors être fait en connaissance de cause : en rouleaux, panneaux, insufflation sèche ou en projection humide, isolation extérieure de type Sarking, … Une attention sera naturellement portée à ce que de bonnes performances thermiques soient obtenues (si possible R>6 m².K/W. soit environ 24cm d’un isolant de type Laine Minérale).

Sarking: isolation thermique extérieure

Pour de nombreuses raisons, notamment thermiques, la solution de type Sarking est à privilégier. La solution d’isolation Sarking permet d’insérer un lit continu d’isolant thermique entre la charpente et la couverture. C’est une « isolation extérieure » sous couverture (qui oblige à la dépose de la couverture existante) et qui se traduit par la pose d’un écran rigide et d’un pare-vapeur sur les chevrons.

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L’étanchéité à l’air de cette surface doit, bien entendu, être assurée en tous points, y compris en périphérie et aux interfaces avec les autres surfaces du bâti (murs, pignons, planchers, …). Les panneaux isolants sont ensuite posés avant d’être eux-mêmes recouverts d’un pare-pluie (en panneau ou film). Puis les contre-chevrons et les liteaux sont mis en œuvre pour supporter la couverture finale. Une variante courante consiste à mettre en œuvre des panneaux préfabriqués sandwiches bois (complexes isolants complets directement posés sur la charpente existante). Dans tous les cas, il convient de laisser une lame d’air supérieure à 3 cm entre les tuiles et l’isolant de façon à éviter les chocs thermiques sur la toiture et à faciliter la ventilation de cette zone.

La surépaisseur du Sarking par rapport à l’état existant oblige à un nouveau traitement en rives qui peut parfois avoir une grande importance en termes d’esthétique ou de réglementation locale (hauteur des constructions, …).

Un autre point d’attention est à porter sur cette technique lorsqu’elle est utilisée comme isolation de logements contigus, car elle peut induire une transmission latérale du bruit d’un logement à un autre. Dans ce cas, des précautions au droit des parois séparatives sont à prévoir.

Isolation thermique en sous-pente de toiture

Lorsque cette technique n’est pas envisageable, on aura recours à une isolation en sous-pente de toiture. La pose d’un pare-pluie (s’il n’existe pas déjà) sur les chevrons est très fortement recommandée. Pour ce qui est de l’isolant, la première couche est placée entre chevrons. L’épaisseur de celle-ci doit impérativement être identique à la hauteur des chevrons et aucun vide d’air ne doit subsister entre ces deux éléments. La seconde couche croisée est ensuite mise en œuvre, permettant de réduire le pont thermique de la charpente. La pose du pare-vapeur se fait côté intérieur (coté chaud) avant finition. Ici encore, une attention toute particulière doit être portée pour assurer l’étanchéité à l’air de cette surface en tous points.

Et surtout, ne pas oublier l’étanchéité à l’air de la construction

Ces travaux de réhabilitation auront modifier l’étanchéité à l’air du logement, ce qui oblige à reconsidérer complètement la ventilation des locaux. Ce serait une erreur que de faire l’impasse sur ce point.
La gestion de la perméabilité à l’air des parois lors des travaux de réhabilitation énergétique doit être prise en compte dès les phases amont du chantier. Elle concerne l’ensemble des corps d’état et demande leur implication sans faille. Les efforts des entreprises qui posent l’isolation thermique et assurent cette étanchéité à l’air en paroi courante ne doivent pas être réduits à néant par la mauvaise mise en œuvre d’un élément, si mineur soit-il : prise électrique, tuyauterie, sortie de ventilation, cheminée, antenne de télévision, fenêtre de toiture, …
D’autre part, la mise en place d’une isolation thermique performante favorise la réduction des besoins de chauffage. Il est donc important de vérifier l’adéquation du système de chauffage existant avec les nouveaux besoins suite aux travaux réalisés (puissance installée, régulation, modulation, réglage loi d’eau, …).